Février 2026

 ÉDITO 

N’attendez pas, osez…

Mgr Fabien Lejeusne, le nouveau pasteur de notre diocèse, a bien voulu venir à notre rencontre déjà le 18 janvier pour présider l’Eucharistie dominicale à la collégiale de Ciney. Faute de temps, nous n’avons pu malheureusement en faire une messe de doyenné. La célébration a été animée par la chorale des jeunes avec des chants vivants et joyeux. Une assemblée très nombreuse et variée s’était rassemblée pour participer avec joie, et un peu de curiosité, à la célébration eucharistique qui s’est achevée par un temps de convivialité où notre évêque a pu rencontrer de nombreux paroissiens, des jeunes et des plus anciens. Nous avons pu vivre un temps fort qui nous a fait aimer davantage le Christ et l’Église pour repartir avec une grande espérance.

Dans son homélie, Mgr Lejeusne nous a interpelés : « C’est un appel que je vous lance, aux plus jeunes comme aux plus anciens : n’attendez pas, n’attendez pas de vous lancer dans cette aventure formidable avec le Christ… Voilà donc mon appel, chers frères et sœurs, pour aujourd’hui, pour vous les plus jeunes et pour ceux qui, au long de leur parcours, se seraient dits, pour une raison ou pour une autre : aujourd’hui je laisse tomber un peu ma vie de foi… Eh bien, osez cette aventure, pour ‘relancer’ avec le Christ qui a tellement de choses à nous dire, et nous avons aussi tellement de choses à lui confier. »

Notre évêque a fait résonner cet appel en écho avec l’Évangile de ce dimanche qui lui a permis de proposer une réflexion très profonde sur ce que cela veut dire connaître, et en particulier connaître le Christ. Il a tout d’abord souligné la réponse assez surprenante de Jean Baptiste qui a pourtant désigné l’Agneau de Dieu : « Et moi, je ne le connaissais pas. » Cela nous montre qu’on n’aura jamais fini de découvrir qui est Jésus.

Mgr Lejeusne s’est demandé : « De quoi parlons-nous quand nous disons que nous connaissons telle ou telle personne ? Comment la connaissons-nous ? Est-ce que nous la connaissons d’une relation intime, personnelle où nous nous livrons les uns aux autres ? Connaissons-nous bien nos parents, nos enfants ? Est-ce que nous connaissons uniquement par le bruit, la rumeur, le ‘qu’en dira-t-on’ ? Ou est-ce que vraiment nous nous connaissons en profondeur ? Est-ce que connaître est, pour nous, entretenir une relation simple, sans enfermer l’autre, car c’est le risque aussi quand on dit ‘connaître quelqu’un’, c’est : ‘je le connais sur le bout des doigts’. Mais, en fait, ce n’est plus se laisser surprendre par l’autre, et donc peut-être même enfermer celui que nous pensons connaître dans ce que nous avons envie de savoir et de dire de lui. »

Nous devons donc humblement apprendre à connaître toujours davantage l’autre, et tout spécialement le Christ. Mais, nous a expliqué notre évêque, même si nous ne connaissons que partiellement Jésus, il ne faut pas avoir peur de se lancer dans l’aventure avec lui : « Nous comprenons l’importance, pour faire route ensemble, de se connaître. Et pourtant, devons-nous attendre de connaître l’autre parfaitement, et a fortiori de connaître parfaitement le Christ, de connaître Dieu, pour nous mettre en route ? Si c’était le cas, je crains que beaucoup parmi nous, peut-être à commencer par moi, nous ne serions-nous pas là aujourd’hui pour célébrer ce Christ vivant que nous ne connaissons que partiellement, car Dieu se dit toujours, se renouvelle, dévoile des nouvelles facettes de sa personne à chaque étape de notre vie. » Il ne faut donc pas attendre pour se lancer à la suite du Christ ou pour renouer avec lui. C’est ainsi que Mgr Lejeusne a encouragé les jeunes et les moins jeunes à demander le baptême, s’ils ne sont pas baptisés, à faire leur première communion et demander la confirmation, s’ils n’ont pas encore reçu ces sacrements.

Mais comment connaître davantage le Christ ? L’évêque a encore expliqué : « C’est à cela que sert la vie chrétienne, la vie sacramentelle, la vie de prière, la découverte, en communauté, ensemble, de la Parole de Dieu, son approfondissement, le temps que nous prenons de venir adorer chaque jour ici dans cette église… ‘Seigneur, je m’assois, je me pose face à toi pour apprendre à te connaître, sans t’enfermer, sans me laisser enfermer, mais en reconnaissant que tu es venu jusqu’à moi et que j’ai besoin que tu me dises qui tu es.’ »

Recueillons encore les derniers mots de l’homélie : « Puissions-nous apprendre à demeurer avec le Christ, à nous laisser enseigner par lui ! Il ne veut que nous bonheur. Puissions-nous nous ouvrir à cette proposition d’amour ! Amen ! »

Que ces paroles de notre évêque nous aide à reprendre avec joie le chemin avec le Christ, qu’elles donnent un souffle nouveau à chacun d’entre nous, à nos familles, à nos diverses communautés paroissiales au sein de notre doyenné, alors que le Carême commence ce mois-ci !

Abbé Pascal-Marie Jerumanis, votre doyen